Sale and lease back

Sale and lease back : définition juridique

Le sale and lease back, ou « cession-bail » en français, est une opération par laquelle l’entreprise propriétaire d’un bien immobilier le cède à un acquéreur pour en reprendre immédiatement la jouissance en qualité de locataire, en vertu d’un bail conclu concomitamment à la vente. Cette technique financière et patrimoniale repose sur une logique de dissociation entre la propriété juridique d’un actif et son usage économique : le cédant-preneur conserve l’usage du bien tout en monétisant sa valeur, tandis que l’acquéreur-bailleur perçoit un revenu locatif régulier adossé à un actif tangible.

Intérêt du sale and lease back

Utilisé dans le domaine de l’immobilier professionnel, le sale and lease back répond à une double logique :

  • Pour le cédant, il s’agit de libérer des fonds propres immobilisés dans des actifs immobiliers afin de les réaffecter à l’activité opérationnelle ou au désendettement.
  • Pour l’investisseur, il s’agit de sécuriser un flux locatif garanti par un occupant connu, souvent engagé sur un bail de longue durée.

Cette convergence d’intérêts en fait un outil particulièrement prisé en période de tensions de liquidité ou de recomposition stratégique des bilans. La cession-bail permet à l’entreprise de transformer la valeur de ses actifs immobiliers en liquidités immédiates, tout en lui permettant de continuer à occuper ces espaces pour l’exploitation de son activité. Le contrat peut éventuellement inclure un droit de préférence du locataire en cas de revente.

Les petites et moyennes entreprises (PME) ainsi que les entreprises de taille intermédiaire (ETI) sont les principales bénéficiaires du sale and lease back. Ce mode de financement est particulièrement adapté aux investissements importants ou aux besoins élevés de trésorerie liés au développement de l’activité, notamment lors de la mise en place de nouvelles lignes de production. Pour autant, toute société, indépendamment de son statut juridique, de sa taille et de son secteur d’activité, peut bénéficier de la cession-bail dès lors qu’elle dispose d’actifs immobiliers de qualité à céder.

Cadre juridique du sale and lease back

En droit français, le sale and lease back ne fait pas l’objet d’un cadre légal spécifique. Néanmoins, plusieurs aspects juridiques et fiscaux doivent être pris en compte.

La cession est soumise au droit commun de la vente régi par le Code civil (art. 1582 et suivants) et par les dispositions spécifiques applicables aux mutations immobilières : purge des droits de préemption légaux ou conventionnels, publication de l’acte authentique au service de publicité foncière, etc. Le prix doit être réel et sérieux, sous peine de requalification ou de contestation par l’administration fiscale au titre des droits d’enregistrement ou de l’impôt sur la fortune immobilière.

Le bail commercial constitue l’élément clé de l’opération de sale and lease back. Ce contrat doit être rédigé avec rigueur de manière à définir clairement les droits et les obligations de chaque partie impliquée, en conformité avec ce que prévoit le Code de commerce (art. L145-1 et suivants). Il doit inclure notamment la durée de location, le montant du loyer et ses modalités de versement, les responsabilités en matière d’entretien et de réparation des locaux et les conditions de résiliation. Une clause de droit de préférence peut être incluse dans le bail commercial, donnant la priorité au locataire pour racheter le bien si son propriétaire décide de le revendre.

Avant de conclure une telle opération, il est indispensable de réaliser une due diligence immobilière approfondie afin de vérifier l’état physique et légal de la propriété faisant l’objet du contrat de cession-bail. Cette vérification peut inclure des inspections structurelles, des recherches de titres de propriété antérieurs et des enquêtes environnementales.

En matière de fiscalité, il est nécessaire de tenir compte des implications de la vente d’actifs immobiliers et des loyers versés par le cédant-preneur :

  • Une éventuelle imposition sur la plus-value réalisée lors de la cession, selon le régime des professionnels prévu à l’article 39 duodecies du Code général des impôts. À noter que certains dispositifs fiscaux locaux ou sectoriels peuvent ouvrir droit à des exonérations partielles.
  • La possibilité de déduire les loyers comme charges d’exploitation, à condition que le bail commercial soit correctement structuré.
  • L’application de la TVA à la vente de l’actif dans certains cas de figure, selon la qualité de l’assujetti et l’ancienneté de l’immeuble, avec des implications fiscales sur les loyers.

Différences entre sale and lease back et crédit-bail

Le sale and lease back constitue une approche différente du crédit-bail, avec ses particularités et ses avantages. En effet, en cas de crédit-bail, le bien immobilier est réintégré dans le bilan de l’entreprise en fin de contrat, ce qui peut avoir des conséquences sur la fiscalité.

À l’inverse, le sale and lease back prévoit la cession définitive du bien, tout en laissant la possibilité à l’entreprise de se positionner comme prioritaire en cas de revente : cette approche permet à l’organisation de libérer de la trésorerie et de gagner en flexibilité afin de se focaliser sur son cœur de métier, sans supporter les conséquences fiscales liées à la réintégration du bien à son actif.

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