Un family office désigne une structure de gestion patrimoniale dédiée à une ou plusieurs familles fortunées. Son objectif est de gérer, de structurer et de pérenniser un patrimoine privé de grande envergure, en lien étroit avec les objectifs et les valeurs des commanditaires. Apparu au XIXe siècle aux États-Unis, notamment avec la gestion de la fortune des Rockefeller, ce modèle des family offices s’est progressivement diffusé en Europe pour devenir un acteur incontournable de la gestion patrimoniale et de l’investissement, en particulier dans l’immobilier haut de gamme.
En droit français, le family office ne bénéficie d’aucun statut légal propre. Il s’agit plutôt d’une réalité économique et fonctionnelle qui se matérialise à travers différentes formes juridiques, selon le périmètre des missions exercées par les gestionnaires des family offices.
Ainsi, lorsqu’il intervient comme conseil dans le domaine de la finance, le family office est soumis à l’immatriculation en qualité de conseiller en investissements financiers (CIF), sous le contrôle de l’Autorité des marchés financiers (AMF), ou celui de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) s’il exerce des activités bancaires ou assurantielles. La loi du 1er août 2003 dite « loi de sécurité financière » et les textes ultérieurs issus de la directive MIF II (2014/65/UE) transposée en droit français encadrent strictement ces activités.
Sur le plan structurel, le family office prend le plus souvent la forme d’une société à responsabilité limitée (SARL), d’une société par actions simplifiée (SAS) ou bien d’une société civile (SC), selon que la structure détient directement des actifs ou se cantonne à un rôle de conseil et de direction stratégique. La société civile de portefeuille ou la holding patrimoniale constituent des véhicules juridiques fréquemment associés, facilitant la transmission intergénérationnelle dans le cadre des dispositions du Pacte Dutreil (article 787 B du Code général des impôts).
La question de la responsabilité est également centrale : le family office agit le plus souvent comme mandataire, ce qui le soumet au régime général du mandat défini aux articles 1984 et suivants du Code civil, avec des obligations de diligence, de loyauté et de transparence dans la gestion.
On distingue classiquement deux formes de family offices :
Dans les deux cas, la vocation est identique : centraliser l’ensemble des décisions d’investissement, fiscales, juridiques et philanthropiques au sein d’une entité unique, afin de garantir une cohérence globale dans la stratégie patrimoniale.
Contrairement aux conseillers en gestion de patrimoine, les family offices adoptent une vision globale et gèrent à la fois des enjeux financiers, juridiques, fiscaux et personnels.
L’immobilier joue un rôle majeur dans l’allocation du capital des family offices : les familles fortunées ont tendance à favoriser cette catégorie d’actifs en raison de son caractère tangible, de sa capacité à générer des flux de trésorerie fiables, et de son aptitude à créer de la valeur sur le long terme.
Pour les familles fortunées, l’investissement immobilier revêt plusieurs avantages :
Les family offices privilégient les investissements rentables, qu’il s’agisse d’immobilier résidentiel ou professionnel. Au global, la stratégie immobilière repose généralement sur la diversification du portefeuille d’investissement qui combine des propriétés commerciales, résidentielles et industrielles, des bureaux, des terrains, ainsi que des investissements dans des projets de promotion immobilière. Cela permet de répartir efficacement les risques, de profiter des avantages fiscaux propres à chaque catégorie d’actifs, et de bénéficier d’une meilleure stabilité à long terme.
Les family offices jouent un rôle déterminant dans la gestion du patrimoine des familles fortunées. Ces entités offrent une approche sur mesure pour répondre aux objectifs financiers et patrimoniaux de leurs clients, tout en gérant efficacement le niveau de risque.